Bio

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Hikaru Ushizima est né en 1929 à Fukuoka, dans le sud du Japon. Doué pour la musique il entreprend très rapidement de faire le conservatoire de Tokyo (université de musique de Tokyo), élève brillant, il est envoyé en Italie. Le 15 août 1945 il subit un choc lors du premier discours radiophonique de l'empereur Tenô. Alors âgé de seize ans, il découvre comme tout le peuple japonais après la guerre que le roi n'est pas dieu. Issu d'une famille riche et cultivée d'Alita petit village connu pour sa poterie traditionnelle on lui a très tôt enseigné les traditions japonaises. Son père, potier reconnu, a fait don d'une poterie à l'empereur Tenô. Pour des raisons dont il ne parle pas, il quitte tout et part se réfugier à Kyoto où pendant plusieurs années il mènera une vie dont il tente aujourd'hui de ne pas garder de traces. Il aurait été le compagnon de bouteilles de Fukase.

Hikaru ne pratique pas la discrétion. Il ne cherche pas à passer inaperçu, à n'être qu'une ombre, comme s'évertuent à le devenir tant de jeunes photographes de rue. Lui arrive à petits pas, calmes mais vifs, hume l'air, regard son sujet, hume à nouveau l'air ses yeux plissés vers le ciel comme s'il attendait une autorisation puis regarde à nouveau son sujet le pointe définitivement dans son viseur et déclenche.

Hikaru ne fait que quelques rouleaux de films par an. Il partage sa vie entre Paris, le golfe du Lion et Biarritz où il est souvent accueilli par un réseau d'amis de longue date en majorité expatriés comme lui. Il dit que quand il déclenche, il n'attend rien. Il aurait pu le faire beaucoup plus tôt ou beaucoup plus tard. L'instant décisif il n'en connaît pas l'existence et ne veut pas en entendre parler. Quand on lui rétorque que, ne recadrant pas ses images et n'utilisant pas le flash, on est tenté de le rallier à une certaine mouvance humaniste, il dit qu'il aimerait recadrer parfois mais que son grand âge rend difficile les manipulations de laboratoire et que le flash représente un poids trop important pour lui. Et si vous persévérez à lui trouver des liens quelconques il sourit lentement, hoche la tête comme pour exprimer un refus et dit dans un long et discret toussotement "français beaucoup tabous... " en omettant avec malice tout article qui pourrait l'empêcher d'aller à l'essentiel